Les 12 propositions du mouvement mutualiste pour agir dès maintenant et préparer demain

Département de l'Indre (36)

Dernière mise à jour : 16 juin

Les propositions des candidats et candidates de l'Indre

Les contributions sont postées par ordre de réception


1ère circonscription

  • François Jolivet (Ensemble) : qualifié au 2e tour

  • Eloise Gonzalez (NUPES) : qualifiée au 2e tour

2ème circonscription

  • Nicolas Forissier (LR) : qualifié au 2e tour



1ère circonscription

François Jolivet - Ensemble

Quelles sont vos propositions en faveur de la prévention et de la promotion de la santé ?

Ces 5 dernières années, la majorité présidentielle commencé à œuvrer en faveur de la prévention, ce qui n’était pas le cas auparavant. L’obligation vaccinale a été étendue à huit vaccins pour les nourrissons, un service sanitaire obligatoire pour les étudiants en santé a été instauré, les leviers de prévention des effets du tabagisme ont été renforcés… Je considère qu’il faut donner un second élan à la prévention en santé, qui est selon moi un moyen de réduire les inégalités de destin. D’ailleurs la pandémie de Covid-19 a démontré qu’il fallait lutter contre le phénomène d’éviction dans les politiques de santé en développant la méthode de « l’aller vers gradué » (le soin vient au patient de manière ciblée), utilisée dans le cadre de la vaccination contre le Covid-19. Il faut que nos concitoyens les plus informés, comme nos concitoyens ayant un accès plus difficile à l’information, puissent être à égalité dans l’accès aux politiques publiques de prévention. Ainsi, je veux soutenir la mise en place de bilans de santé complets et gratuits aux âges clés de la vie afin de prévenir l’apparition de certaines pathologies. Chaque Français concerné recevra une invitation ciblée, suivie de rappels sms et téléphoniques et pouvant aller jusqu’au déplacement d’une équipe à domicile en cas d’absence de réponse. Lutter contre les inégalités de destin implique de mobiliser des politiques de prévention dès l’enfance, afin de mettre les enfants sur la même ligne de départ. À titre d’exemple, la proportion d'enfants de 2 à 4 ans souffrant de surpoids et d'obésité est trois fois plus élevée chez les enfants vivant dans les foyers à faibles revenus (11%) que dans les foyers les plus aisés (3%). Pour rétablir l’égalité de tous les enfants, il nous faut renforcer le rôle de l’école : je propose d’accroître les heures de sport pour parvenir à au moins 30 minutes d’activité physique par jour, de renforcer la médecine scolaire et de faire en sorte que les 25 examens de santé déjà obligatoires soient mieux contrôlés. Aussi, il est nécessaire de garantir aux enfants leur suivi par un médecin traitant et de former davantage de psychomotriciens, d'orthoptistes, d'orthophonistes qui peuvent corriger les troubles du neurodéveloppement.


Quelles sont vos propositions pour lutter contre la désertification médicale ?

Dès 2018, la majorité présidentielle a supprimé le « numerus clausus » qui limitait chaque année le nombre d’étudiants en médecine et qui n’a pas permis de « fabriquer » assez de médecins. La désertification médicale que nous connaissons aujourd’hui prend ses sources dans ce vieux système, cumulé à une chute démographique dans les territoires ruraux. Si la suppression du « numerus clausus » aura un effet salvateur dans 10 ans, soit la durée nécessaire pour faire un médecin, il nous faut dans l’intervalle mettre en place de nouvelles solutions : stage obligatoire en zone rurale pour les nouveaux médecins, système de référent pour les actes courants et administratifs (renouvellement d’ordonnance par exemple) - le but étant de décharger le médecin, de lui permettre de se recentrer sur ses missions premières et donc de suivre davantage de patients, développement de la télémédecine, mise en place de permanences ponctuelles dans les zones les moins dotées en professionnels de santé… Aussi, en région Centre-Val de Loire, grâce au gouvernement Castex, nous allons ouvrir une fac de médecine à Orléans, l’hôpital actuel deviendra un CHU et nous passerons de 250 à 500 médecins à former. Cela signifie donc que nous aurons plus d’internes dans notre région et donc plus de futurs médecins qu’il nous faudra garder via des mécanismes incitatifs et une politique globale d’attractivité du territoire.


Quelles sont vos propositions en matière de financement de l'assurance maladie ?

Il faut souligner le rôle important du monde mutualiste dans l’offre de soins et dans l’accompagnement et donc ne pas remettre en cause le modèle. Mais si ce système doit rester stable, nous devons collectivement réfléchir à améliorer son efficacité notamment en ce qui concerne les frais de gestion des complémentaires.


Quelles sont vos propositions en faveur de l'Hôpital ?

Les souffrances de l’hôpital public sont réelles, couvent depuis des décennies, mais ont été exacerbées par la crise sanitaire inédite qu’a traversé le pays. L’ensemble des professionnels de santé ont été mis sous pression pour permettre au pays de faire face et de tenir bon. La pandémie a montré, s’il le fallait, le dévoiement exceptionnel des soignants et a rappelé à quel point les principes qui fondent notre système de santé sont précieux : accessibilité et universalité. Ce n’est pas le cas dans d’autres pays du monde, où seuls les plus riches peuvent se soigner. Il est donc d’une priorité absolue de préserver notre modèle. En ce sens, les investissements réalisés par le gouvernement marquent un tournant. Plus de 30 milliards d’euros ont été mobilisés pour conforter les hôpitaux, renforcer l’offre de soins et mieux reconnaître le travail des soignants. C’est massif. À l’échelle locale, 517 millions d’euros ont été investis dans le système de santé en région Centre-Val de Loire. Plus de 58.000 professionnels de santé ont vu leur salaire revalorisé. 26 millions d'euros ont été mobilisés pour l'Indre, ce qui est très important. Il faut continuer les efforts sur les 5 années qui s’ouvrent. Je veux faire peser l’Indre dans les négociations qui s’annoncent dans le cadre du plan national de recrutement d’infirmiers et d’aides-soignants. Je veux accompagner la réforme structurelle de l’hôpital, afin de le rendre plus humain : moins de charges administratives pour les soignants, plus de responsabilités pour les paramédicaux et une place centrale pour les médecins dans la gouvernance. Dans la même lignée, je propose de supprimer les Agences Régionales de Santé dont le périmètre d’action est bien trop vaste pour être efficace. Les ARS ont éloigné les professionnels de santé et les élus locaux des processus de décision, ce qui a conduit à des fermetures de services sans aucune proposition de projets alternatifs. In fine ces officines ont accru les inégalités et n'ont pas prouvé leur efficacité pendant la crise du Covid-19, bien au contraire. Je propose de créer une nouvelle entité plus proche des réalités du terrain. Seuls les préfets de région et les préfets de département doivent porter l’action de l’État. Le système doit être plus transparent et démocratique, la place faite aux professionnels de santé doit être renforcée et les élus locaux doivent devenir incontournables


Quelles sont vos propositions en faveur du grand âge et de la perte d'autonomie ?

En matière de bilan, la majorité et le gouvernement ont augmenté de 100 euros le minimum vieillesse, revalorisé les retraites agricoles et revalorisé l’Allocation Adulte Handicapé (AAH). Nous avons également créé un congé proche-aidant indemnisé, pour soutenir et soulager ceux qui aident un proche en perte d’autonomie. Autre élément marqueur du mandat : nous avons créé une 5ème branche de la sécurité sociale afin de financer l’autonomie des personnes âgées et des personnes en situation de handicap. Depuis longtemps la prise en charge de la perte d'autonomie est fortement morcelée entre différentes institutions et il était indispensable de clarifier l'organisation financière de la prise en charge afin de mieux la garantir. Emmanuel Macron a donc tenu son engagement en menant cette réforme à son terme, alors que ses prédécesseurs n’y sont pas parvenus. Pour les 5 ans à venir, il nous faut protéger notre système de retraite et porter la pension minimale à 1.100 euros par mois. Il faut assurer à tous nos concitoyens la possibilité de vieillir dignement où ils le souhaitent et notamment à leur domicile : pour cela, je veux accompagner la création du dispositif « Prime Adapt´ » qui permettra de prendre en charge à hauteur de 70% les travaux d’adaptation du logement. Pour nos EHPAD, je propose d’accroître leur contrôle avec les concours des résidents et de leurs familles et d’améliorer la qualité de services rendus en recrutant 50.000 infirmiers et aides-soignants supplémentaires d’ici 2027.


Quelles sont vos propositions pour la petite enfance ?

Sous le quinquennat d’Emmanuel Macron, c’est la première fois qu’un secrétariat d’État était uniquement dédié à la petite enfance. Le second mandat d’Emmanuel Macron confirme cet engagement, puisque la cause est toujours défendue dans un secrétariat d’État « propre ». Grâce aux votes de la majorité à l’Assemblée nationale, le congé paternité est passé de 14 à 28 jours et le « parcours 1.000 jours » a été créé afin d’accompagner les couples accueillant un nouveau-né. Avant, les jeunes parents étaient trop souvent laissés seuls face à cette nouvelle responsabilité. Aussi, nous avons mis en place le versement automatique des pensions alimentaires pour protéger les mamans seules confrontées aux impayés. Nous avons également augmenté de 30% le plafond du complément de libre choix du mode de garde pour les familles monoparentales. Nous avons remis de l’humain dans les politiques publiques pour donner les mêmes chances à chacun, et donc lutter contre les inégalités de destin ! Pour les 5 années prochaines, je souhaite permettre à tous les parents de travailler l’esprit tranquille en leur garantissant la possibilité de faire garder leurs enfants y compris en horaires décalés. Aujourd’hui, 20% des parents n'obtiennent pas de mode d'accueil pour leurs enfants âgés de moins de trois ans. Notre pays n’a pas su tenir compte des évolutions de la société et notamment de la monoparentalité. C’est une rupture d’égalité et je souhaite pleinement m’engager à la résorber : en France, personne ne devrait avoir à choisir entre travailler ou fonder une famille. La boussole de l’action politique des prochaines années sera de faciliter la vie à tous nos concitoyens : c’est la raison pour laquelle les aides sociales, et notamment celles qui concernent les familles, seront versées automatiquement à celles qui y ont le droit.


Quelles sont vos propositions en faveur de l'économie sociale et solidaire ?

L'économie sociale et solidaire (ESS) représente plus de deux millions de salariés et environ 10 % du PIB français et aspire légitimement à plus de reconnaissance. Durant son premier quinquennat, Emmanuel Macron a permis à l’ESS de se développer en améliorant le financement des petites structures, en soutenant les acteurs pendant la crise et en leur permettant de prévoir l’avenir. D’ailleurs une place importante a été faite à l’ESS dans le plan de relance, avec 1,3 milliard d’euros pour l’investissement et pour l’emploi. Ce montant s’ajoute aux aides sectorielles dans lesquelles les acteurs de l’économie sociale et solidaire sont particulièrement actifs, par exemple dans l’économie circulaire, l’insertion professionnelle ou la rénovation des EHPAD. Durant les 5 années prochaines années, je veux axer mon action en la matière sur les tiers-lieux (coworking, campus connecté, atelier partagé, fablab, garage solidaire…) en leur permettant de conforter leur place centrale dans la vie de nos territoires. Pour cela, nous devons leur donner les moyens de diversifier leurs activités et leurs revenus en fonction des besoins des territoires et les moyens de faciliter leur professionnalisation et leur organisation. Aussi, je souhaite soutenir la montée en puissance du programme interministériel « Nouveaux lieux, nouveaux liens » et impliquer en son sein tous les partenaires publics et privés autour d’un cadre d’intervention commun et d’outils mutualisés. Dans l’Indre par exemple, dans la commune du Blanc, le tiers-lieu « Carte blanche » réalise un immense travail qui permet de recréer du lien, de briser l’isolement, de réunir les talents et les forces vives du territoire. Lui aussi participe à lutter contre les inégalités de destin. Retenu par l’État dans le dispositif « Fabrique de territoire », il va disposer de moyens accrus pour exercer ses missions voire pour les diversifier. Ce tiers-lieu doit continuer à être soutenu et doit inspirer d’autres initiatives sur le territoire Indrien. Je me rendrai disponible pour les accompagner


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Eloise Gonzalez - NUPES

Quelles sont vos propositions en faveur de la prévention et de la promotion de la santé ?

Nous sommes pour le 100% sécu et le remboursement à 100% des soins prescrits. Pour le remboursement intégral des moyens de contraception et des protections périodiques. Faire inscrire l' IVG dans la constitution. Créer un pôle public du médicament. Sortir les médicaments et vaccins des logiques marchandes. Recruter et revaloriser les personnels soignants.


Quelles sont vos propositions pour lutter contre la désertification médicale ?

Créer des maisons pluridisciplinaires avec des médecins salariés. Ouvrir des places en faculté de médecine. Réquisitionner quand c'est nécessaire les personnels soignants des cliniques privées.


Quelles sont vos propositions en matière de financement de l'assurance maladie ?

Le 100% sécu.


Quelles sont vos propositions en faveur de l'Hôpital ?

Réouvrir les lits. Réouvrir les services. Recruter et revaloriser les soignants. Pas de service hospitalier à plus de 30 mins de chaque habitant.e


Quelles sont vos propositions en faveur du grand âge et de la perte d'autonomie ?

Créer un service public du grand âge. Permettre le maintien à domicile. Sortir de la précarité les aides à domicile.


Quelles sont vos propositions pour la petite enfance ?

Créer un service public de la petite enfance. Permettez la scolarisation des 2 ans en maternelle.


Quelles sont vos propositions en faveur de la santé et de la protection sociale ?

100% sécu et 100% remboursement.


Quelles sont vos propositions en faveur de l'économie sociale et solidaire ?

Travail en partenariat avec les associations. Sortir des appels à projets et versement de subventions conséquentes.


2ème circonscription

Nicolas Forissier - Les Républicains

Quelles sont vos propositions en faveur de la prévention et de la promotion de la santé ?

Au cours de la prochaine mandature, je veux que le parlement prenne ses responsabilités en adoptant une véritable stratégie nationale de santé publique. Concrètement, cela doit passer par le vote d’une loi de programmation sanitaire de cinq ans. Cette nouvelle manière de procéder permettra à l’État de se fixer des objectifs précis sur le court et moyen terme et de se donner les moyens budgétaires de les atteindre.

En outre, je me battrai pour augmenter de moitié́ le budget de la prévention en santé afin qu’il puisse atteindre 3% des dépenses de santé. Cela garantira à chaque Français, où qu’il réside, quel que soit son âge, un accès à des examens réguliers de prévention. C’est une mesure particulièrement nécessaire pour les territoires ruraux comme l’Indre où trop de nos concitoyens ne peuvent bénéficier d’un suivi suffisamment régulier.


Mais comme le répète souvent mon ami le docteur Philippe Juvin, la prévention de la santé ne se résume pas à la médecine. C’est aussi l’air que l’on respire, notre environnement et les aliments que l’on consomme. Je serai mobilisé pour que notre pays continue de baisser les émissions de CO² en recourant à l’énergie nucléaire, à l’hydrogène, en développant notre réseau ferré, et notamment les petites lignes qui sont si importantes pour nos territoires ruraux. Dans l’ensemble des communes de ma circonscription, je continuerai également de favoriser la rénovation énergétique des bâtiments.


Quelles sont vos propositions pour lutter contre la désertification médicale ?

Le problème de la désertification médicale est particulièrement manifeste dans notre région. La direction de la Recherche, des Études, de l'Évaluation et des Statistiques, qui a dressé en 2018 un classement des régions de France en fonction du nombre de médecins pour 100 000 habitants, situe la région Centre-Val de Loire en dernière position, derrière les départements et régions d’outre-mer.


Pour répondre à l’urgence de cette situation, je veux multiplier par deux le nombre d’étudiants en deuxième année de médecine et permettre le déploiement de 4 000 docteurs juniors dans les zones les plus touchées par les difficultés d’accès aux soins. Ces étudiants effectueront leur dernière année de formation sur le terrain, dans les cabinets médicaux et les maisons de santé pluridisciplinaires des territoires ruraux. En plus d’incarner une solution de court terme, en assurant un déploiement immédiat d’un nombre conséque d’étudiants en médecine de dernier cycle, cette mesure de bon sens pousserait également les jeunes médecins à rester dans les territoires ruraux et à s’y installer.


Plus largement, et parce qu’il est vital pour que cette mesure soit efficace de disposer des capacités d’accueil nécessaires, je continuerai de soutenir, comme je l’ai toujours fait ces dernières années, la création et le développement, partout sur le territoire de la circonscription, de maisons de santé pluridisciplinaires. Je poursuivrai également le combat pour obtenir plus de moyens pour nos hôpitaux dproximité comme celui de la Châtre, d’Issoudun, de Levroux, de Valençay ou encore du Blanc.


Je souhaite en outre que toutes les solutions de bons sens qui peuvent venir renforcer la lutte contre les difficultés d’accès aux soins puissent être mises sur la table. Je pense par exemple aux infirmiers en pratique avancée que j’ai soutenus et qui peuvent, dans certains cas, réaliser des prestations non négligeables comme des prescriptions médicales lorsqu’aucun médecin n’est là pour le faire.


Quelles sont vos propositions en matière de financement de l'assurance maladie ?

La meilleure manière de mieux financer l’assurance maladie est d’abord de mieux lutter contre les fraudes. Nous devons enfin nous donner les moyens d’engager une politique de grande ampleur pour combattre efficacement la fraude sociale et les gaspillages. Je veux rappeler que selon la commission d’enquête parlementaire, c’est 15 à 45 milliards de fraudes aux allocations qui pourraient être évités chaque année. A cette fin, je continuerai de me battre pour l’instauration d’une carte vitale biométrique ainsi que la création d’une agence de lutte anti-fraude. Comme l’a récemment, et très justement, rappelé la Cour des comptes, la fraude sociale porte atteinte au principe de solidarité et au pacte républicain qui fondent depuis 1945 la sécurité sociale. L’éradiquer n’est pas seulement un impératif d’efficacité économique : c’est aussi une question de justice sociale. Le Conseil constitutionnel a d’ailleurs lui-même reconnu à la « lutte contre la fraude » le caractère d’une exigence constitutionnelle. Passons donc maintenant aux actes.


Quelles sont vos propositions en faveur de l'Hôpital ?

La très grave crise sanitaire que nous avons traversée nous a montré les faiblesses de l’hôpital public et à quel point il était urgent d’entreprendre une refondation complète de notre système hospitalier. Il nous faut impérativement engager un grand plan de recrutement, de formation et d’investissement pour l’hôpital public. Très concrètement, l’État doit former et recruter 25 000 soignants supplémentaires sur l’ensemble des cinq années à venir qui devront d’abord être envoyés là où les besoins sont les plus importants, c’est-à-dire en priorité dans les zones rurales.


Mais ces nouveaux recrutements ne seront réellement efficaces que si, dans le même temps, on améliore les conditions de travail des soignants en s’attaquant notamment aux pesanteurs administratives à l’hôpital. L’instauration du forfait patient urgence en remplacement du ticket modérateur a permis de simplifier une partie des missions de nos personnels hospitaliers. Mais il nous faut faire bien plus. C’est en débureaucratisant drastiquement le fonctionnement de l’hôpital que nous pourrons véritablement redresser la barre et éradiquer une bonne fois pour toute la profonde crise dans laquelle se trouve aujourd’hui plongé notre hôpital public. Il faut notamment redonner de l’autonomie aux chefs de service dans le recrutement du personnel, l’achat des équipements, et la réorganisation du service.


Enfin, si je salue les avancées permises par le Ségur de la santé, j’estime qu’elles demeurent insuffisantes et qu’il faudra encore revaloriser les rémunérations des infirmiers du secteur public et des infirmiers libéraux pour inciter nos concitoyens à se tourner vers ces métiers difficiles mais tellement indispensables pour la pérennité de notre système de santé.


Quelles sont vos propositions en faveur du grand âge et de la perte d'autonomie ?

Je veux tout d’abord que la nouvelle Assemblée nationale s’engage à mieux soutenir les aidants familiaux qui jouent un rôle tout à fait primordial dans l’accompagnement de nos aînés. Pour cela, je proposerai au gouvernement et notamment au nouveau ministre des Solidarités, de l’Autonomie et des Personnes handicapées que je connais une proposition de loi pour mettre en place un véritable congé des aidants familiaux totalement pris en charge par la solidarité nationale. Je poursuivrai également le combat en faveur du maintien à domicile des personnes âgées et dépendantes que je n’ai cessé de mener au cours de ces cinq dernières années, notamment l’année dernière en déposant par exemple différents amendements à la loi de financement de la sécurité sociale en faveur de la téléassistance. Je souhaite aussi instaurer un prêt dépendance à taux préférentiel destiné aux familles ainsi qu’un livret dépendance – sur le modèle du livret développement durable et solidaire – afin d’orienter l’épargne privée vers le financement de la dépendance. Enfin, je me battrai pour que le président de la République tienne son engagement qu’il n’a pas respecté sous la mandature précédente de faire une grande loi sur les enjeux du grand âge et du maintien à domicile. Je demanderai au Gouvernement de s’y employer dès cette année.


Mais le sujet de l’autonomie ne se cantonne pas seulement aux personnes âgées, il concerne aussi les personnes handicapées. Je continuerai de me battre pour la déconjugalisation de l’allocation adulte handicapée afin que des personnes déjà dépendantes physiquement ne soient pas contraintes d’être également dépendantes financièrement. Eu égard à la récente évolution de la position du président de la République sur ce sujet, j’ai bon espoir qu’un changement législatif puisse enfin être voté dans ce sens sous la prochaine mandature. Je veux également simplifier l’accès à la prestation de compensation du handicap et permettre à toutes les personnes en situation d’invalidité de bénéficier d’un mode de calcul plus avantageux pour leur retraite.


Quelles sont vos propositions pour la petite enfance ?

Outre la défense d’une vraie politique familiale digne de ce nom rétablissant l’universalité des allocations familiales et permettant leur versement dès le premier enfant, je souhaite simplifier la réglementation relative aux crèches et aux halte-garderies afin de pouvoir augmenter drastiquement les capacités d’accueil et diminuer les coûts. L’augmentation du nombre de places en crèche est particulièrement importante pour l’attractivité de nos territoires ruraux.


Je continuerai de défendre la proposition des députés Les Républicains d’organiser des assises de la garde d’enfant, qui permettrait à tous les opérateurs de la filière de donner leur point et de vue afin de déboucher sur des avancées concrètes comme par exemple la création d’un véritable statut d’assistant maternel agréé, reconnu et respecté. Je veux aussi faciliter les évolutions professionnelles en fonction de l’expérience et les passerelles entre assistant maternel et éducateur de jeunes enfants pour redonner de l’attractivité à ces professions.


Par ailleurs, le rehaussement du plafond de la Prestation d’Accueil du Jeune Enfant (PAJE) pour mieux inciter les parents à recourir à des professionnels agréés et mieux mettre en avant ces derniers est aussi une mesure pour laquelle je me battrai. C’est une question de justice sociale car la baisse du plafond de la PAJE a eu pour conséquence de priver de cette prestation des milliers de familles issues des classes moyennes.


Enfin, je me mobiliserai pour améliorer l’accueil des enfants en situation de handicap, en crèche, à l'école, dans l'enseignement secondaire et supérieur en y mettant les moyens humains nécessaires et en proposant également des formations continues sur les handicaps à tous les professionnels concernés.


Quelles sont vos propositions en faveur de la santé et de la protection sociale ?

Au-delà de toutes les mesures que j’ai déjà évoquées, je pense que l’Etat doit aussi se donner les moyens de retrouver une véritable souveraineté dans le secteur de la santé. La crise sanitaire l’a démontré, que ce soit en termes de production de médicaments, de masques, de vaccins, nous devons maintenant tirer les leçons de ce tragique épisode et tout faire pour retrouver une véritable indépendance en matière de santé. La crise sanitaire a également révélé les faiblesses de la collaboration entre le public et le privé qui a particulièrement mal fonctionné. Plus largement, il faudra fixer un cadre permettant à l’ensemble des acteurs du secteur – ceux du corps médical, de la recherche, de l’industrie et de l’innovation – de mieux travailler ensemble en vue de bâtir un système de santé à la fois performant, moderne et innovant. L’échec du vaccin français contre le covid ne doit pas se répéter.

C’est en tirant toutes les conséquences de la gestion de la crise du covid-19 qu’on sera en mesure d’assurer un système de santé et une protection sociale efficaces pour l’ensemble de nos concitoyens.


Quelles sont vos propositions en faveur de l'économie sociale et solidaire ?

J’estime qu’il est important de mieux soutenir l’économie sociale et solidaire qui représente une part non négligeable de notre PIB (près de 10%). Il faut renforcer sa solvabilité et valoriser les gisements d’emploi qu’elle représente, notamment dans le secteur des services à la personne qui doit être mieux mis en valeur.


Je veux par ailleurs développer massivement l’intéressement et la participation dans les entreprises de l’ESS, mettre en place pour elles un accompagnement régional, en plus de celui existant déjà à l’échelle nationale et, enfin, créer un crédit d’impôt de 50 % sur les investissements de proximité pouvant aller jusqu’à 20 000 euros, notamment dans les territoires ruraux.

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Les propositions des candidats et candidates